+(509) 4786 3169

+(509) 4786 3746

Un poème pour la solitude





















EXTRAIT

J'ai cru entendre la vie
camoufler
sous les eaux bleues
où mille poèmes se dessinaient

J'ai dû marcher seul
sur un sentier
où les mots livraient leurs secrets

Ces mots qui disent pourtant peu
trop peu pour changer
pour laisser voir le monde
dans la main d'un enfant fragile

Ton innocence ne rime pas avec la cruauté
de cette ère
où les chimères
imposent leur loi
loi de la jungle
de la rue
de leur monde

L'arme brandie
sur ta poitrine
a remué un fleuve de sang
cet après-midi de fauve
ta mort est un message
un testament laissé aux postérités

Tes yeux
miroir de ton âme
interrogent le mal du temps
d'un temps de chiens
qui aboient
mais la caravane ne passera pas

Il a plu
la veille de ton départ
t’as vu la terre boire l'eau du ciel
bénie sois-tu
toi que les chacals
ont bu le sang
qui as offert ton âme en pâture
pour marquer un siècle de sauvage

La peur se voyait dans leurs yeux
une peur bleue
dissimulée sous leur cagoule
Savaient-ils que les yeux parlent
disent tout
qu'ils laissent entrevoir la rage de la faim
la noirceur de l'âme

Et ce gosse qui appelle au secours
qui regarde éloigner la barque de ses rêves
dans les eaux rouges de sa ville
Et cette femme, folle
à compter de trop
dans les rues
les corps inertes
2004, l'ère où l'on marche le cœur sous la Main

Marcher, courir
Ton cœur est atteint d'un projectile
faut surtout pas croire au destin
c’est un mot étrange

Ton corps n'a pas su répondre
au bruit des rafales
et t'as cligné des yeux

Tu me regardais de ces yeux qui disaient tout,
qui se mettaient à parler dans la confidence des temps.
T'aurais voulu me confier tant de choses.
T'as pas eu le temps.
Le temps
C'est la rosée qui s'efface sous nos yeux
Tu disais

Tu m'as souri.

Ce sourire voulait dire ce qu'il voulait dire
Sourire, la mort dans l'âme.
Sourire pour ne pas crever
Sourire pour faire enrager l'ennemi.
Sourire était ta derniere arme.

Fini
ton combat contre les visibles
la mort habitera désormais tes rêves

Viens et prends ma main
on va danser
sous l'œil du président-prêtre
on s'en fout
viens et suis moi
on va picoler sous le regard du tigre
l'aube viendra baiser nos pieds

je t'attendrai
encore
toujours
comme Saint-Antoine
fou d'amour
exhalé d'alcool

Je t'ai possédée avec la pleine lune
nus
nos corps naufragés
fusionnés
en passe
d'un amour éternel

J'ai dénoué tes cheveux
pour en faire
la passerelle de mon exil
La chatte a perdu sa langue ce soir là

Etreinte douloureuse
de ma solitude épineuse
Je me suis baigné
dans mon sang visible de noctambule

J'aurais aimé te parler
dans ce poème
de l'amour
comme on parle à un enfant
mais le bruit des vagues
résonnent encore avec fracas dans ma tête

ton amour pour moi
a été un acte de foi
je savais pas aimer
comment aimer un femme
comme toi
en ce temps de fêlure

Un temps où les murs étaient crevés
la voix étouffée
les oiseaux migraient
sous un ciel rouge
fendu en miettes

Viens
Chante moi
cette chanson
pas celle des armes
mais celle du printemps
celle qui raconte nos vies
celle qui parle de l'ailleurs
celle qui transporte nos cœurs au-delà des murs...

Viens
Je t'apporte un morceau d'arc-en-ciel
frais
dans ma poche
un poème simple teinté de rose
et empreint de solitude

je jette ce poème
comme on jette une fleur sur une tombe
en hommage à ta pudeur
à ta longue marche solitaire...


Auteur: Djedly François JOSEPH

Aucun commentaire:
Write comments

REJOIGNEZ NOTRE NEWSLETTER