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JEAN JEAN ROOSEVELT CONFIE SON HORIZON A ENTRE LES PAGES




Son numéro de téléphone est partout, quand on a besoin de Jean Jean Roosevelt on n’y va pas par quatre chemins. Si la croyance populaire imagine JJR comme un homme imposant, le chanteur ne se prive pas de nous faire des révélations croustillantes dans une entrevue avec Entre Les Pages.


Socialement très engagée, la plume de Jean Jean Roosevelt se nourrit d’influences multi-ethniques. Une kyrielle de rythmes créole tels que le Kongo, l’Ibo, le Djouba, le Yanvalou, le Rabòday etc. se mélangent pour donner naissance à son style original appelé le « Tchaka ». Une icône, une figure typée de l’industrie musicale haïtienne depuis quelques années. Le jeune Jérémien traine déjà derrière lui une intéressante carrière musicale qui lui a valu une belle popularité. L’expression de sa musique est un engagement pour le respect de la dignité humaine, une plaidoirie pour la cause des enfants, un hymne à la femme, entre autres.



ENTRE LES PAGES   :   Pourquoi étiez-vous le premier artiste à rendre hommage à Liliane Pierre-Paul lorsque l’ancien président Michel J. Martelly avait publié une chanson populaire pour se moquer de ses détracteurs en prenant notamment pour cible cette célèbre journaliste ?

JEAN JEAN ROOSEVELT :   Tout le monde le sait déjà. Je suis féministe et je défends l’émancipation de la femme. Je suis pour l’équité de genre. En Haïti, vous avez tous une idée de la flagrante différence qu'il existe entre hommes et femmes; les hommes sont libres de faire ce qu'ils veulent mais pour les femmes c’est assez difficile. Même quand on est jeune, à la maison, on est libre de sortir, libre d’aller à la bibliothèque et de travailler partout mais les filles même quand elles sont plus grandes que nous, elles ne peuvent pas faire pareil. Du coup, être un artiste engagé pour le respect des droits de la femme, l’équité de genre, c’est comme un devoir pour moi. Je pense que composer une chanson pour honorer Liliane Pierre-Paul était plus qu’un devoir pour moi ; C’était plutôt une obligation car je ne pouvais supporter de voir quelqu'un humilier une femme aussi importante pour la politique haïtienne et la démocratie en Haïti. Je savais que j’allais être poursuivi, il y a des gens qui sont très fâchés contre moi mais j’ai la conscience tranquille. J’ai l’impression d’avoir fait une bonne action, je suis encore fier de ce que j’ai fait et je le ferais encore si j’avais à le faire.


ELP : Est-ce que l’artiste que vous êtes rencontre souvent des détracteurs ?

JJR : Hé ben oui, effectivement. On n’a pas la vie facile hein. Sur les réseaux sociaux et même sur les clips que j’ai sur YouTube, les gens disent n’importe quoi. Mais bon, ça n’arrive pas jusqu’à moi parce que j’ai fait mon travail ; j’essaie de respecter tout le monde ; je continue ma route. Des fois je prends des positions qui ne sont pas très bien vues par la population. Etre un artiste engagé, cela demande beaucoup de force, comme on a l’habitude de le dire en créole, « fow gen grenn ».


ELP : Vous avez une femme et des enfants ?

JJR : Je suis marié, il y a de cela 5 ans. Ma femme vit à l’étranger pour faire ses études, on n’a pas encore d’enfants mais la bonne nouvelle c’est qu’on y travaille.


ELP : Pourquoi est-ce que L’usage de la langue française est priorisé dans votre production ?

JJR : Il faut dire qu’au début, c’était un feeling. Comme vous le savez, Jérémie est la cité des poètes. Quand tu es Jérémien, tu as toujours un papier en main, tu écris des poèmes à longueur de journée. Chez les Frères de l’Instruction Chrétienne, on nous exigeait de parler le français et cela m’est resté. Du coup, à chaque fois que j’écris une chanson, les paroles viennent en français automatiquement. Et puis Pourquoi chanter en français est un problème pour beaucoup de personnes si on est un pays francophone. On a deux langues officielles et le français en fait partie.

ELP : Est-ce que vous vivez seulement de la musique ?

JJR : Oui, de la musique. Encore de la musique. En fait, en Haïti, je crois qu’il y a un vrai problème par rapport à ce métier là . Les gens ne comprennent pas encore qu’on peut vivre de sa musique. Il faut trouver un autre boulot. C’est pour ça que beaucoup de nos musiciens font de la politique. Moi, je vis de ma musique, je donne des concerts, je vends des albums. C’est vrai qu’il est difficile en Haïti de vivre de sa musique mais moi j’ai de la chance et je travaille beaucoup.


ELP : Quel regard portez-vous sur la situation actuelle de notre jeunesse ?

JJR : Il faut le dire sincèrement, cette jeunesse est dans la mauvaise direction. Hommes et femmes s’opposent. Les jeunes hommes, à travers des chansons, qui dénigrent les jeunes femmes et vice-versa. Déjà, la jeunesse est divisée. Avec une mentalité comme ça, on n’ira nulle part et je pense que le travail c’est à nous de le faire.


ELP : Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui aimerait devenir un modèle comme vous dans la société ?

JJR : La première chose c’est d’aller à l’école. Ça c’est vital. Peu importe le domaine que tu  choisis, il te faut avoir beaucoup de la discipline et encore de la discipline. Comme ça, tu réussiras.

© Ejymson VALMIR

2 commentaires:
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  1. Très belle entrevue, pour le dire sincèrement, les mots me touchent. Bonne continuité ELP, et à toi aussi JJR. Tes musiques ont du fond et de la forme. Un merci à l'atelier qui m'a permis de faire connaissance avec la pensée de JJR et qui aide à promouvoir l'écriture et la culture. J'ai un haut le coeur quand je vois la jeunesse qui va à l'opposé du beau. Ça me manquait les jeunes qui visent le top.

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    1. Merci. C'est gentil de votre part et restez connecter avec notre blog pour plus d'article, beaux certainement.

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